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Couacs et dérapages Fintech & Insurtech – Décembre

Pour mieux comprendre les challenges ambitieux et risqués des Fintechs et Insurtechs, nous continuons notre tour du monde de celles qui ont présenté des difficultés ces derniers mois.

Adéquation avec le marché, exigence des actionnaires, gestion des dirigeants, réglementation bloquante, distribution et image inadaptées, les modèles d’échecs son variés.

Tout d’abord, au niveau des changements de modèles de distribution, la plateforme de Personal Finance Mangement Yolt, qui appartient à ING, met fin à son partenariat historique avec Anorak. L’appli Anorak permettait de fournir aux clients de Yolt des conseils et des produits d’assurance vie. Yolt a décidé de se focaliser sur des produits court terme, d’où sa décision de mettre fin à ce partenariat.

D’autres ont décidé de réduire la voilure, comme la plateforme d’Open Banking BUD au Royaume-Uni. Suite à une restructuration lourde, et 6 mois après avoir reçu $20 millions de capitaux de HSBC, Goldman Sachs, ANZ et Investec, la plateforme se sépare de 20% de ses collaborateurs. Ces licenciements accompagnent un virage stratégique visant à développer l’activité, renforcer les fonctions de vente et d’ingénierie, tout en réduisant les fonctions de support et de marketing.

Toujours en termes de changement de modèle, l’Insurtech Lemonade (assurance digitale) repousse finalement son IPO, les conditions de marché étant jugées trop tendues. Softbank, actionnaire principal de Lemonade vient de subir un échec avec l’IPO annulée de WeWork.

Certaines Fintechs et Insurtechs sont en redressement judiciaire. C’est le cas de la plateforme de P2P Lending FundingSecure au Royaume-Uni. Ses activités sont donc sous contrôle d’un administrateur et les 5000 investisseurs sont en train d’être contactés.

Toujours au Royaume-Uni, la Fintech Glint qui propose une carte adossée à un compte pour stocker, épargner ou dépenser de l’or, s’est trouvée en redressement au mois de septembre. Cette situation faisait suite au non-remboursement d’un crédit renouvelable. Les comptes clients ont été gelés pendant 2 mois. L’autorité de régulation a de nouveau donné son feu vert pour reprendre l’activité normalement suite à un financement supplémentaire de £5,7 millions des actionnaires.

Enfin, d’autres n’ont pu surmonter leurs difficultés et ont quitté l’écosystème Fintech / Insurtech :

Aux Etats-Unis, l’assurance santé digitale Joany a fermé fait faillite suite à d’importantes erreurs de gestion (dépenses somptuaires, investissements non appropriés). Dans la même période, BBVA a fermé sa Fintech de transferts de devises entre Espagne et Etats-Unis Denizen. Elle n’avait pas atteint la taille critique pour réussir.

Au Royaume-Uni, le spécialiste des prêts sur salaire / payday loans QuickQuid (propriété de l’américain Enova) a fermé ses portes. Le resserrement des conditions d’exercice de cette activité par la FCA (Financial Conduct Authority) a conduit les grands acteurs (Wonga, Moneyshop) à quitter le secteur.

En Suisse, l’assureur Helvetia a fermé sa filiale d’assurance digitale Flink destinée aux Millenials et ouverte depuis 2017. L’Insurtech n’a pas trouvé son marché et Helvetia a transféré l’activité sur son assureur en ligne smile.direct.

Au Danemark, l’appli bancaire Hufsy, a quant à elle cessé toute activité … sans explication.

Une grande variété de situations qui reflètent bien l’ébullition de l’écosystème.

 

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